L'EROSION DANS LES MILIEUX INTERTROPICAUX


            L'EROSION DANS LES MILIEUX INTERTROPICAUX




PLAN DU TRAVAIL




















                       

















INTRODUCTION


            La dynamique des milieux est de nos jours l’un des principaux sujets de réflexion de la communauté scientifique. L’érosion, entendue comme usure des reliefs provoquée par toutes les forces d’origine externe, concourt plus ou moins à l’évolution des formes. Autrement, elle détruit certaines formes pour en créer d’autres. Ainsi, cette dégradation de la lithosphère est rendue possible par l’entremise d’un certain nombre de conditions dépendant du milieu dans lequel on se trouve. En effet, quels sont les systèmes d’érosion dans les milieux intertropicaux? L’analyse de cette interrogation cruciale fera l’objet de notre travail. Pour y parvenir, nous présenterons d’abord les facteurs d’érosion, ses agents, ensuite les types d’érosion et les modelés d’érosion dans les milieux intertropicaux.

I-LES FACTEURS D’EROSION DANS LES MILIEUX INTERTROPICAUX


            De prime abord, on entend par système d’érosion, une association organique de processus dont les actions se combinent entre elles pour sculpter le relief. Ce système est rendu possible par l’entremise d’un certain nombre de conditions qui dépendant du milieu où on se trouve. Ces conditions peuvent être entre autres : les facteurs d’érosion, ses agents et processus, les types d’érosion et les formes des modelés créées par ce phénomène pour ne citer que celles-là. S’agissant donc des facteurs d’érosion, ce sont les éléments qui favorisent ou permettent la dégradation des sols. Dans le cadre de notre travail, sans être exhaustif, nous en présentons trois.

a)Le couvert végétal


Le couvert végétal joue le rôle de tampon entre le sol et tout agent érosif. Il protège la surface du sol de l’impact des gouttes d’eau pouvant causer l’effet splash. Les racines des arbres, en endurcissant le sol, constituent d’énormes obstacles pour les eaux de ruissellement donc aux glissements de terrains. Toutefois, ce rôle protecteur que joue la végétation dépend non seulement du type du couvert végétal mais aussi de la densité des arbres le constituant. Ceci dit, si dans un milieu la végétation est très dense, l’érosion sera faible, du moins pour celle éolienne et hydrique par exemple. Dans les milieux intertropicaux, la végétation suit de très près le climat. On passe de la forêt ombrophile à la forêt décidue, à celle sèche, au fourré à épineux pour voir disparaitre la végétation dans les déserts.

b)Le climat


Entre les tropiques, la répartition de la quantité de chaleur reçue sur le gobe détermine celle des pressions atmosphériques : basses pressions équatoriales, hautes pressions tropicales qui, en majeure partie, règlent les mouvements des masses d’air et le régime pluviométrique. Au voisinage de l’équateur, les pluies sont les abondantes et elles diminuent  au fur et à mesure qu’on se rapproche des tropiques pour devenir presque nulles au niveau de ces lignes. Toujours dans la zone équatoriale, les températures sont élevées mais varient peu au cours de l’année, les pluviosités sont fortes et cela favorise les actions érosives telles l’hydroclastie, l’haloclastie. A mesure qu’on s’approche des tropiques, l’amplitude annuelle augmente. Cela entraine les actions mécaniques de l’érosion comme la thermoclastie.

c)L’Homme


L’Homme est considéré comme facteur d’érosion. En effet, par ses travaux pernicieux, pour la plupart champêtres, il détruit le couvert végétal qui joue le rôle tampon entre les éléments agressifs du climat et le sol. Ceci se passe généralement par de défrichements intempestifs et de plus en plus importants. Dans le paysage végétal, les auréoles de disparition sont bien discernables autour des hameaux. Cela s’explique par le prélèvement de bois de chauffe pour la consommation locale mais aussi comme source de revenue pour certains paysans. De même, l’ameublissement, par l’Homme, des horizons superficiels des sols par des labours et le piétinement du bétail les exposent à la déflation éolienne. Du coup, ce sol devient sans défense contre tout agent érosif. Ce cas est très rencontré dans l’Extrême-nord du Cameroun.

II-LES AGENTS D’EROSION


            Un agent d’érosion est un élément qui participe au processus de l’altération ou de la dégradation des sols. En effet, selon le type de milieux, on rencontre une panoplie d’agents érosifs. Dans les milieux intertropicaux par exemple, les agents les plus connus sont le vent, l’eau et dans une certaine mesure l’Homme que nous allons regrouper sous deux grands aspects : agents naturels et agents anthropiques. Une étude cas par cas serait judicieuse pour une bonne compréhension de ce travail.

            a)Les agents naturels


Ø  Le vent

On appelle atmosphère, la couche d’air qui entoure la terre. L’air est un mélange de gaz. Le vent quant à lui, est un air en déplacement ou en mouvement. Ce dernier agit d’une manière ou d’une autre sur les roches. En effet, il use et désagrège les roches : le vent chargé de sable corrode les roches : c’est la corrasion. Il transporte les sables et poussières et les déposent dans un lieu quelconque. Conséquemment, les poussières fines en suspension dans l’air forment la brume sèche dans les régions soudaniennes et sahéliennes. Elles s’accumulent pour former un lœss fertile en certaines régions : vallées du Tilemsi au Mali, Chine du Nord, Amérique du Nord. Le vent est donc un agent érosif de très haute envergure dans les régions arides et semi-arides.



Ø  L’eau

L’eau est le plus puissant agent d’érosion, de transport et de dépôt qui puisse exister. Sous ses différents états, elle concourt au façonnement du relief. Spécifiquement, l’eau de pluie transforme les roches et les lessive, en dissolvant parfois certains de leurs constituants. Les eaux courantes modèlent le relief par leur ruissellement, agrandissent les diaclases et désagrègent les roches dures.

Dans les pays intertropicaux, plus ou moins chauds et humides, les caractéristiques essentielles de l’érosion dépendent du régime des cours d’eau qui est lui aussi tributaire de la pluviosité. L’altération dépend aussi du couvert végétal. Ceci dit, plus le sol est couvert, moins il y a dégradations et vice versa. En outre, la variation des saisons pluviométriques dans la zone tropicale a une grande part de responsabilité dans l’altération des roches. En effet, pendant la saison sèche les terres ou les sols sont nus ; ils subissent la dessiccation sous l’effet de l’augmentation de température et donc, la chaleur, parfois on observe des diaclases et dès lors que les premières pluies arrivent sous le contrôle de la saison pluvieuse, les sols deviennent plus faibles devant les eaux de ruissellement qui érodent excessivement. Ce phénomène est très observé dans les régions du Nord et de l’Extrême-nord du Cameroun. Toutefois, en plus de tous ces agents érosifs suscités, l’Homme contribue fortement à l’évolution des formes.

Ø  Les agents biologiques

Ici, il s’agit de la participation ou l’intervention des organismes vivants dans l’attaque des roches et des produits de leur météorisation. Certains animaux, les souries par exemple, exercent des actions mécaniques sur les roches meubles. Ceux-ci creusent des galeries qui favorisent la circulation de l’air et de l’eau ainsi que la pénétration des racines dans le sol et les formations superficielles

b)Les agents anthropiques


Ø  L’Homme

En ce XXIe siècle, alors que certains avancent que nous sommes entrés dans l’Anthropocène, on ne peut plus se limiter à l’érosion des sols engendrée par des agents météoriques. L’Homme est, en effet, devenu un agent érosif sans précédent. Il suffit à titre d’exemple, de voir les bulldozers à l’œuvre lors de la construction d’une autoroute pour voir la quantité de terres déplacée en une journée ; inutile de rappeler que c’est un processus continuel. En effet, par ses travaux d’urbanisation qui sont au cœur de l’évolution ou du développement actuel, l’Homme constitue une grande menace pour l’environnement. Il détruit le couvert végétal pour ses travaux de construction. Dans les vallées par exemple, les remblaiements sont fréquents ; les terres creusées au pied du versant sont transportées sur les sites choisis pour ces effets. Le vide ainsi créé au pied du versant croit continuellement. Dans la même perspective, les travaux de pose de câbles et de tuyaux d’eau contribuent fortement à l’érosion. Car généralement, une fois ces tuyaux posés et comblés, les voies ne sont plus convenablement remises en bon état.

Dans les zones agricoles, le passage de nombreuses machines (pour une agriculture mécanisée) génère de l’érosion également qu’on qualifie d’érosion aratoire. Les labours et les sarclages (dans une agriculture rudimentaire) affectent beaucoup plus les sols.

III-LES TYPES D’EROSION EN MILIEUX INTERTROPICAUX


Dans le cadre de notre travail, nous présentons deux types d’érosion.

a)L’érosion hydrique : c’est un type d’érosion rencontré dans les milieux humides. On en distingue :

ü  L’érosion en nappe

Elle est caractérisée par une eau de ruissellement. Les filets de ruissellement entrainant de minuscules particules sont déviés par les moindres obstacles en se divisant en bras : c’est l’érosion aréolaire qui s’exerce sur les surfaces en amont des versants. Sous l’effet de l’impact des gouttes de pluies (effet splash), les particules sont arrachées et transportées. Ce phénomène est observable sur les pentes faibles, où l’eau ne peut pas se concentrer. Cette forme d’érosion dépend de l’intensité des pluies déclenchant le ruissellement, l’énergie cinétique détachant les particules et même la durée des pluies.

ü  L’érosion linéaire ou le ravinement

Elle intervient à la suite du ruissellement. Les flaques se forment ; en débordant, les flaques communiquent entre elles et des lignes d’écoulement limitées dans l’espace apparaissent selon la ligne de la plus grande pente. Les rigoles sont appelées ravins lorsqu’elles s’étendent et deviennent nuisibles au travail du sol.

b)L’érosion éolienne


Elle est l’action de destruction des roches et des reliefs par le vent. Ce type d’érosion est caractéristique des milieux arides, milieux où les sols et les roches ne sont pas protégés par un couvert végétal. Le vent a deux méthodes pour éroder : la déflation et la corrasion.







ü  La déflation

Le vent soulève les éléments fins se trouvant à la surface du sol. Cela peut être à de très longues distances ; en ce qui concerne les tornades de poussières, les tempêtes de sables dans les déserts intertropicaux. Les éléments gossiers sont déplacés au ras du sol et font comme de petits sauts consécutifs (saltation) et roulent, les éléments très fins s’envolent. La surface du relief est parsemée de gros blocs de roches sans environnement d’éléments fins. C’est le cas du reg au Sahara.

ü  La corrasion

C’est l’attaque des roches par les éléments grossiers et très durs transportés par le vent. Cette attaque est surtout sensible dans les déserts où l’absence de végétation permet au vent de prendre de la vitesse. Les éléments les plus grossiers sont surtout présents dans les couches les plus basses de l’air. C’est à ce niveau que les roches sont le plus fortement attaquées. Un peu plus haut, l’attaque est faible car s’y trouvent des éléments plus fins.

IV-LES MODELES D’EROSION DANS LES MILIEUX INTERTROPICAUX


En géomorphologie, le terme modelé désigne un ensemble de reliefs, de formes de terrain liées soit à un agent d’érosion, soit à un système d’érosion, soit encore à un type de roche. Les modelés dépendent d’un certain nombre de paramètres à savoir les agents d’érosion, ses facteurs etc. L’une des caractéristiques essentielles des régions intertropicales est la rareté des affleurements de roches nues en dehors des rapides, des cascades et des collines rocheuses qui sont soit mornes rocheux, des inselbergs, principalement en pays gneissiques ou granitiques, là où les altérites sont inexistants ou très peu épaisses. Sur les roches nues des massifs résiduels, on observe très des formes de détail caractéristiques : lapiez, cannelures, des badlands et des cuestas.

a)Le lapiez


C’est une formation géologique de surface dans les roches calcaires et dolomitiques, créée par le ruissellement des eaux de pluie qui dissolvent la roche ou par la cryoclastie ; ce qui forme un grand entablement rocheux parcouru de réseaux de diaclases ou fissures.

b)Les badlands (mauvaises terres ou mauvais paysages)

Ils désignent un paysage ruiniforme des terrains marneux ou argileux, raviné par les eaux du ruissellement en faible pente. Ces terres sont pour la plupart, impropres à l’agriculture. Ces paysages sont engendrés par l’érosion linéaire. En effet, en terrain argileux ou schisteux, après une forte pluie, les eaux empruntent les fissures du sol, les élargissent progressivement en chenaux parallèles. En même temps, les têtes des chenaux reculement vers l’amont (érosion régressive) ; ce processus est responsable de la formation des badlands.





c)Les cuestas


Cuesta est le terme utilisé en géomorphologie pour désigner une forme de relief dissymétrique constituée d’un coté par un talus à profil concave (le front), en pente raide et, de l’autre, par un plateau doucement incliné en sens inverse (revers). Les cuestas se trouvent aux bordures des bassins sédimentaires peu déformés. Ils sont engendrés par l’érosion linéaire. En effet, des successions sédimentaires faiblement inclinées, formées d’alternances de couches tendres et de couches résistantes peuvent donner naissance à un relief en cuesta. En avant du front, il arrive que des reliefs isolés témoignent de l’ancienne extension de la formation résistante : ce sont des buttes-témoins.

CONCLUSION


En somme, il était question pour nous dans ce travail d’étudier les systèmes d’érosion dans les milieux intertropicaux. Chemin faisant, nous avons progressé en présentant les facteurs d’érosion, les agents, les types d’érosion et les modelés d’érosion dans les milieux intertropicaux. Pour sortir de ce travail, il reste pour nous de savoir si l’Homme avec ses travaux d’aménagement et d’agriculture qui l’obligent à détruire le couvert végétal, nous allons parvenir, un jour, à maitriser la gestion conservatoire des eaux et la fertilité des sols.

























 


 


 


BIBLIOGRAPHIE




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Ø  Futura-sciences.com/erosion

Ø  TCHOTSOUA M. 1994 : Urbanisation et érosion accélérée dans la ville de Yaoundé : comment améliorer la conservation de l’environnement urbain en milieu tropical humide

Ø  TCHOTSOUA M. et BONVALLET J., L’érosion urbaine au Cameroun : processus, causes et stratégies de lutte

Ø  WAKPONOU A.  ­et ATIMNIRAYE NYELADE R. vol. 8 No 4, Oct. 2014: La dégradation environnementale et les stratégies de survie dans les campagnes du Nord-Cameroun, Pages 1517 à 1525

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